Publié le mercredi 30 novembre 2011 à 11H00 - L'union Presse
RETHEL (Ardennes). Rémi le Rethélois ne savait pas, quand il a répondu à un quiz sur l'escrime, qu'il serait l'une des vedettes de l'épreuve de Levallois.
«A gauche, Rémi Mathiot, 27 ans, 332e du classement
national, du club de Rethel dans les Ardennes. A droite,
Ulrich Robeiri, actuel n° 6 Français, 47e mondial, champion
olympique par équipe à Pékin, cinq fois champion du monde
par équipe ».
Non, non, vous ne rêvez pas ! Un Rethélois a participé au «
Tissot Master » à l'épée dimanche dernier. Bien sûr, ce
n'était pas pour le Master lui-même qui regroupait le
champion olympique, le champion du monde en titre et les six
suivants au classement de la Fédération internationale dont
la locomotive hexagonale Gauthier Grumier.
« Caméra, écran géant… »
Si
Rémi Mathiot a eu les honneurs de la compétition
levalloisienne, c'était au titre d'un concours où il a gagné
le droit d'affronter Robeiri. « Sur le site internet de
l'épreuve, il y avait un quiz », explique-t-il. « Dix
questions pas trop difficiles comme « combien de titres
majeurs, l'équipe de France à l'épée a-t-elle remporté ».
J'ai répondu sans trop chercher ». Puis, il a oublié…
Jusqu'à ce que Frédéric Delplat, l'une des chevilles
ouvrières du Master (médaillé d'or olympique par équipe en
88 à Séoul) l'appelle pour l'avertir qu'il avait remporté le
tirage au sort.
« Je ne me souvenais plus ce, qu'était le premier prix ».
Quand il a retrouvé la liste des lots, il a dû se frotter
les yeux. Il y avait une montre, deux places en loge VIP,
pour le cocktail d'après compétition et surtout la
possibilité de tirer un assaut en 10 touches contre Ulrich
Robeiri en lever de rideau. « On avait prévu quelque chose
avec Jessica (sa femme) et les enfants. On a vite trouvé une
solution ».
Dimanche, 14 heures. Sur la piste-podium de Levallois, le
cœur de Rémi bat la chamade. « Il y avait des caméras tout
autour, un écran géant, la salle était pleine. On sait qu'il
n'y a pas d'enjeu mais… ». Mais… Rémi Mathiot, quatre années
d'escrime derrière lui, est un compétiteur.
« Passer le cap du samedi »
Ses années de rugby lui ont forgé un caractère bien
trempé. « Dès le premier « Allez », j'ai oublié que c'était
Robeiri en face. J'ai même mis la première touche, à la main
je crois ». Robeiri est bluffé par la hardiesse du
Rethélois. Il se montre conciliant avec son adversaire d'un
jour. 2-2, 3-3 puis 7-3. « Il était là pour faire le show.
J'ai donc pu remonter jusqu'à 9-7 ».
La dernière touche, « je ne l'ai pas vu partir ». Assaut
terminé. « Quand on a retiré nos masques, j'ai vu la
différence. Moi, j'étais cuit. Lui, à peine échauffé ». Le
rêve de Rémi n'était pas terminé. Dans la loge, pendant le
cocktail, le moniteur-éducateur de l'IME près de Vouziers, a
vu de très près le gratin mondial de l'épée et emmagasiné
des souvenirs.
Et maintenant ? « Je ne sais pas si cela va me servir en
compétition. J'ai dû aller chercher mes touches alors
qu'habituellement, je suis plutôt contre-attaquant. Je me
suis surtout rendu compte que la moindre erreur était
sanctionnée. J'espère maintenant en tirer profit et passer
le cap du samedi lors des prochains circuits nationaux ».
Dans un peu plus d'une semaine, à Lisieux, on entendra
peut-être lors de son premier match de poule : « A ma
gauche, Rémi Mathiot, du club de Rethel, adversaire de
Robeiri lors du dernier Master de Levallois ».
Yves DOGUÉ